
Ce roman, c’est toute la vie de Misia Céleste, depuis le moment de sa conception jusqu’à celui où son souvenir s’efface de la mémoire de son frère. C’est aussi toute l’histoire d’Antan, depuis le début de la Première Guerre mondiale jusqu’aux années 1980. Antan : morceau de Pologne rurale où cohabitent humains, animaux et autres créatures angéliques ou folkloriques – on y croise même un Noyeur. Mais également : centre de l’univers. Voire : monde à part, peut-être l’un de ceux qu’a créés Dieu en sus du nôtre, et que le chatelain Popielski arpente au gré des règles sibyllines d’un jeu de société cosmogonique auquel il est accro. Humains, animaux et créatures ne seraient-ils que des pions ? Entre quelles mains ? Celles d’Olga Tokarczuk manipulent délicatement Misia et son moulin à café, mais avec plus de tendresse encore ceux de ses personnages qui « prennent sur eux tous les fragments de folie que nous portons en nous », comme Isidor, enfant changelin né d’une sorcière et d’un plant d’angélique… (Traduction de Christophe Glogowski)




